Portugal, ça va mal !

Publié le par Boule de neige

7 avril 2011:

Lisbonne a demandé mercredi à bénéficier d'une assistance financière de l'Union européenne. Dans la foulée, le Fonds monétaire international a affirmé à Washington qu'il se tenait également "prêt" à venir en aide au Portugal.

 

 

 

Nous choisissons ce jour pour mettre en ligne un article édifiant  concernant le Portugal .....

 

Mais rassurons-nous; comme le ventait un spot publicitaire:" Reviens Léon, on a les mêmes à la maison"

 

 

 

Le peuple se serre la ceinture et les autres………

 

Ami intime du premier ministre démissionnaire José Socrates, Armando Vara a touché en 2010 plus de 820.000 euros de la banque portugaise Millenium BCP. La nouvelle est tombée vendredi, en pleine crise politique d’un pays au bord de la faillite et où les plans d’austérité se succèdent comme les métros aux heures de pointe.

 

Sur cette somme rondelette (le salaire minimum portugais est inférieur à 500 euros), 562.192,38 euros représentent les indemnités versées à Vara parce qu’il n’a pas pu aller au terme de son mandat de vice-président du BCP. Petit problème: la cause de cet incident dans une brillante carrière est la mise en examen de Vara pour corruption dans le scandale «Face Oculta» (visage masqué), une vaste affaire de trafic d’influence dans le secteur public et parapublic orchestré par un industriel du traitement des déchets.

 

Modeste guichetier de la grande institution financière publique Caixa Geral de Depositos (en gros la Caisse des dépôts plus les Caisses d’épargne) dans sa région d’origine à l’extrême nord du pays, Armando Vara a accédé à la haute finance, et à la fortune, par la politique. Parcours assez banal au demeurant dans le Portugal contemporain où l’endogamie entre le monde politique et celui des affaires est caricaturale.

 

Comme Socrates, Vara fait partie des jeunes loups socialistes qui entrent au Parlement dans les années 1980, après une brève carrière d’apparatchik provincial. La paire va devenir inséparable, mélangeant joyeusement carriérisme politique et intérêts privés. En 1995, les deux compères obtiennent leur premier maroquin dans le gouvernement d’Antonio Guterres.

 

Si Socrates est déjà l’objet d’échos peu flatteurs autour de son activité d’ingénieur au service des municipalités de Covilha puis de Guarda, Vara sera accusé d’avoir utilisé les services de l’Etat pour la conception de sa résidence secondaire à Montemor-o-Novo, au sud de Lisbonne. Il faut savoir que la possession d’un «monte» (ferme) dans l’Alentejo anciennement «rouge» (foyer des occupations de terre et d’une réforme agraire avortée pendant la période révolutionnaire de 1974-75) est, avec la grosse berline forcément germanique et de couleur noire, un élément essentiel du statut social de l’arriviste lusitanien.

 

En 2000, un nouveau scandale met fin à la carrière ministérielle de Vara, alors ministre de la jeunesse et des sports. Mais il n’y aura pas de suites judiciaires. C’est en 2005, José Socrates ayant entre temps pris la tête du parti socialiste et du gouvernement par un accident de l’histoire, que le ministre des finances Fernando Teixeira dos Santos, aujourd’hui syndic de faillite du Portugal, propulse Armando Vara dans les sphères dirigeantes de la CGD. Il y avait toutefois une petite difficulté: pour accéder à cette fonction lucrative, l’ancien guichetier, qui n’a jamais achevé de vagues études de philosophie, avait besoin d’être au minimum détenteur d’une licence.

 

Qu’à cela ne tienne, trois jours avant sa nomination, il obtient le précieux sésame (en «relations internationales») de la défunte et bien mal nommée Université indépendante de Lisbonne (fermée en 2007 sur décision ministérielle). Ah, au fait, c’est la même université dont le recteur a décerné par fax et un dimanche (en 1996 !) son diplôme à l’«ingénieur» Socrates.

Mais le vrai jackpot, Vara le touche en 2008 quand il passe de l’institution financière publique à la banque «privée» BCP, en doublant au passage un salaire déjà confortable. Qualification pour le job: toujours la même, être l’ami de Socrates, alors que le BCP, outre les effets de la crise financière mondiale, affronte une période de violentes turbulences internes qui conduiront à l’éviction de son fondateur, Jorge Manuel Jardim Gonçalves, une des figures de l’Opus Dei au Portugal. La CGD n’est pas rancunière: peu après son départ, Vara y sera élevé à l’indice hiérarchique le plus haut, avec une incidence bénéfique sur sa future pension de retraite !



Mais en novembre 2009, Armando Vara est contraint de demander la suspension de son mandat de vice-président, le scandale des déchets venant de l’éclabousser. Mesure à laquelle le conseil de surveillance du BCP, présidé par Luis de Melo Champalimaud (héritier des dynasties industrielles et financières du salazarisme), se résoudra la mort dans l’âme. L’instruction portant sur le réseau de corruption mis en place par l’industriel d’Aveiro (centre du pays), Manuel Godinho, donnera lieu à un incroyable bras de fer entre les magistrats instructeurs, soutenus par la presse indépendante, et la haute hiérarchie judiciaire, qui ordonnera notamment la destruction de toutes les écoutes téléphoniques (de la police judiciaire) des échanges entre Vara et Socrates.

 

Mais comme on l’a déjà vu, Armando Vara, un peu à la manière de Silvio Berlusconi, est un survivant des accidents de parcours judiciaires. Au vu de certains précédents, il ne faut pas trop espérer du procès lui-même.

 

On rajoute Barroso et ensuite , on demande de faire ceinture et tant d’autres.


Franchement pas besoin d’aller voir le printemps arabe nous avons les mêmes

 

Extrait de médiapart

 

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