23 avril: Saint Georges

Publié le par Boule de neige

Le démon de nos hommes et femmes politiques qu'est l'absence totale de réponse sérieuse face à  la crise ne sera pas terrassé par Saint Georges ...

 

Comme Ulysse l'Europe sera condamnée à naviger pendant des années sur des eaux troubles, en espèrant qu'elle ne sombre pas avant ....

 

 

1.   Grèce : le scénario de la faillite

 

lire la suite http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=3868

 

 2. Europe au bord du Styx

JEAN-MARC VITTORI

 http://www.lesechos.fr/info/france/020495186143-europe-au-bord-du-styx.htm 

[ 23/04/10  ]

Difficile de ne pas penser à la mythologie en suivant cette incroyable journée d'hier en Grèce. Tout est parti d'une annonce : les Hercule d'Eurostat n'ont pas réussi à nettoyer les écuries d'Augias des comptes publics grecs. Depuis des mois, la réputation d'Athènes était minée par les mensonges sur l'état de ses finances. L'Office européen des statistiques devait enfin révéler la vérité hier après plusieurs mois passés à ausculter les comptes. Il a expliqué que le déficit public avait été encore plus élevé qu'on ne le croyait en 2009 (près de 14 % du PIB)… et émis des réserves qui augurent d'un chiffre final encore supérieur  ! Cet aveu d'impuissance a été publié alors que les syndicats grecs avaient appelé 500.000 manifestants dans les rues pour lutter contre la rigueur. Les quelques touristes qui ont pu arriver à Athènes après la réouverture du ciel européen, mais avant la grève des contrôleurs aériens, ont trouvé porte close au Parthénon, symbole s'il en fut d'un glorieux passé et d'un éventuel avenir touristique. C'en était trop pour les investisseurs, désormais convaincus que le Premier ministre, Georges Papandréou, ne parviendra pas à ramener les pommes d'or du jardin des espérances. Sur les marchés financiers, la finance publique grecque a connu hier une véritable trilogie du désastre : taux d'intérêt record, assurance contre le risque de défaut (CDS) au plus cher et dégradation de notation par l'agence Moody's. Plus le temps passe et plus le filet de Vulcain semble se resserrer autour de la Grèce. La descente aux enfers se profile sous la forme d'un défaut de paiement évoqué hier dans une note de la banque Goldman Sachs, dont on ose espérer qu'elle n'a pas pris à l'occasion de position spéculative contre le pays.

Ce n'est pas seulement la Grèce qui risque de se noyer dans les eaux du Styx, mais l'Europe toute entière. L'Allemagne refuse de devenir l'une des Danaïdes condamnées à remplir perpétuellement un tonneau sans fond. Elle et ses partenaires en sont encore à discuter des modalités d'un plan d'aide à la Grèce. Et ils sont dans une situation budgétaire difficile, mise en évidence par le document d'Eurostat déjà cité. Le déficit budgétaire de la zone euro a triplé l'an dernier pour atteindre 565 milliards, portant la dette à plus de 7.000 milliards. Ces chiffres sont tombés au lendemain du cri d'alarme poussé par le FMI sur les risques des finances publiques qui « pourraient miner les progrès de la stabilité et prolonger la crise ». Les gouvernements devront agir vite. Car, cette fois-ci, Zeus ne viendra pas emporter Europe.

Commenter cet article